Réflexion
- Lise St-Arnaud

- 11 avr.
- 3 min de lecture
La réflexion me permet d’examiner plus à fond un problème ou une idée. C’est une étape importante qui précède la conception d’un projet. Elle me permet d’évaluer cette idée et les différentes formes qu’elle pourrait prendre. L’aisance ou la difficulté à imaginer et à soupeser les différentes combinaisons possibles déterminent la vitesse avec laquelle je me sens prête à passer à l’action.
Pour les projets de peinture, ma réflexion commence habituellement lorsque je me trouve devant une scène que j’apprécie, qui m’intrigue, qui me touche. Si elle allume une étincelle, même éphémère, je saisis l’instant en photo.
Cette étincelle s’est allumée lors d’une visite du village de Compton dans les Cantons-de-l’Est, en juin 2020. J’ai été instantanément attirée par une jolie maison en déclin de bois patiné par le temps. Je suis retombée sous son charme quand j’y suis retournée trois ans plus tard. En prime, je trouvais le jeu de lumière et d’ombre sur la façade particulièrement intéressant.

De retour chez moi, j’étais embêtée malgré son attrait par ce que je pourrais en tirer en peinture. J’y voyais certains détails à éliminer. Entre autres, le ciel tel qu’il était ne m’inspirait pas. Quelle composition pouvais-je adopter pour en faire un tableau intéressant ? La solution « créative » ne me venait pas spontanément. J’ai donc décidé de poursuivre ma réflexion.
À l’automne 2025, en observant la formation de nuages annonciateurs d’un orage, j’ai pensé que j’aimerais les capter en peinture, mais la scène sous ces nuages était plutôt banale. Peu après, l’idée de placer des cumulonimbus se développant au-dessus de la maison de Compton a commencé à germer.
Enfin, en janvier 2026, je me suis décidée à entreprendre ce projet longuement muri. Le choix de composition à la verticale et le grand format (40 pouces sur 30 pouces) se sont imposés d’eux-mêmes.
Conception
Au crayon, j’ai tracé les lignes principales de la maison et j’ai esquissé la forme des nuages bourgeonnant au-dessus. J’ai pris soin de prévoir une éclaircie du côté gauche pour rendre crédible l’effet des rayons du soleil sur la maison.
J’ai appliqué les couches de bases en commençant par le ciel, pour me donner confiance en mon concept. J’ai pris soin de protéger les lignes franches de l’architecture avec du papier-cache. Cela m’a permis de préserver le dessin sans avoir à tatillonner en peignant tout autour.
Application des couches de base, en commençant par le ciel et la végétation autour de la maison.
Je me suis ensuite attardée aux zones les plus sombres de la maison. Il m’a fallu attendre quelques jours avant de peindre la devanture afin d’éviter les bavures entre les parties foncées et pâles.
Peindre les sections foncées de la maison et laisser sécher avant de poursuivre avec les teintes plus pâles.
Lorsque la majorité des éléments ont été en place, le travail de « finition » pouvait commencer. J’ai mieux défini les nuages et la verdure. Puis, j’ai ajouté un sentier et des plantes herbacées pour consolider l’avant-plan. Finalement, j’ai porté une attention particulière aux traits d’ombre et de lumière dans la végétation pour assurer l’harmonie globale.
«Avant l'orage», huile sur toile galerie, 40 po. x 30 po., 2026
Lise St-Arnaud, Tous droits réservés.
Je trouve que l’opposition entre la maison illuminée en oblique par les rayons de soleil et la menace d’un orage qui se profile au-dessus apportent dans ce tableau une dimension dramatique au récit visuel.












Fascinant de suivre les étapes qui mènent au résultat final : merci et bravo à ton talent de pédagogue !
Très réussi ! C’est le fun d’avoir le processus créatif derrière l’oeuvre 🤩
Très intéressante démarche, bravo!!